Avis du groupe EELV de Lille-Lomme-Hellemmes sur l’étude d’impact pour l’aménagement et l’extension de la ZAC des rives de la Haute Deûle

L’opération objet de l’étude d’impact s’intègre dans le projet global d’aménagement urbain des Rives de la Haute Deûle, inscrit au titre des sites stratégiques du Schéma directeur de la Métropole Européenne de Lille (MEL).

EELV partage les objectifs généraux du projet concernant « La mutation nécessaire du tissu économique, la nécessité d’une politique de renouvellement urbain, l’exigence d’un cadre de vie à la hauteur des ambitions métropolitaines. Cet espace est un site « d’entre-ville » où l’aménagement peut s’appuyer sur une relation forte entre la ville, ses voies d’eau et ses ressources naturelles et de biodiversité le besoin de diversifier l’offre de logements. »

Depuis 15 ans, les écologistes ont suivi l’élaboration de ce projet et se sont exprimé à chaque étape de son développement en défendant l’idée d’une ville intense qui se reconstruit sur elle même pour éviter l’étalement urbain. (articles en référence voix du Nord)

Aujourd’hui, à la lecture du projet d’extension de la ZAC, de l’étude d’impact et de l’avis délivré par l’autorité environnementale, EELV souhaite émettre plusieurs avis sur la continuité de ce projet.

  • Concernant la densification de construction, notamment de logements, nous regrettons le choix non justifié à nos yeux d’une densité extraordinairement importante sur l’îlot Boschetti (3,5 – p121) qui aura un impact paysager important en écrasant visuellement la gare d’eau d’une construction de 10 étages avec les effets d’ombres et de barrière visuelle qui en découlent. Ce choix empêche la réalisation d’un poumon vert que nous avions proposé sur cette zone avec une dominante associative, culturelle et écologique.
  • Concernant les activités actuelles de l’îlot Boschetti, l’étude d’impact ne prend pas en compte les activités nautiques, associatives et culturelles actuellement mise en œuvre autour des hangars de l’îlot Boschetti. L’hébergement de ces activités n’est pas précieusement prévu dans le projet que ce soit dans ou hors espace ZAC pendant les travaux ou en période d’exploitation. EELV demande donc qu’un projet concret d’hébergement et d’accompagnement de ces activités soit prévu dans le projet initial et pendant la période de travaux.
  • Concernant les déplacements dans la ZAC, l’étude d’impact souligne les risques d’encombrement des voiries d’accès notamment aux heures de pointes. L’étude prend en compte l’aménagement du boulevard industriel dans le sud du Marais. Ce boulevard n’est pour l’instant pas budgété par la MEL et techniquement compliqué car dans le PPRT. De la même façon l’étude décrit comme « modéré » l’impact de l’augmentation de circulation rue de l’égalité et Victor Hugo alors que les riverains décrivent depuis longtemps l’état du trafic comme insupportable. Comme l’autorité environnementale, EELV demande une étude plus précise qui sépare les usages professionnels des usages riverains avec des mesures correspondantes dans les projets réels prévus par la MEL.

Par ailleurs, la construction d’un nouveau pont circulant entre les bois blancs et l’îlot Boschetti crée un risque non mesuré d’accroissement de circulation dans les bois blancs et crée un raccourci (shunt) par l’îlot Boschetti avec la voirie déjà existante au bout de l’îlot boschetti vers le Marais (carrefour Hegel / V Hugo)
EELV demande donc que l’étude d’impact prenne en compte ce risque et propose de restreindre l’utilisation du nouveau pont Bois Blanc/Boschetti aux mobilités douces

  • Concernant le stationnement, les mesures prises dans la réalisation de la ZAC depuis 10 ans n’ont pas suffit à régler les problèmes dus à l’afflux journalier de nombreux véhicules sur la zone, avec un rejet important par les riverains manifesté lors des différentes réunions publiques. Des mesures sont prévues pour le stationnement des nouveaux habitants et pour les entreprises avec des parkings silos. Cependant il n’existe aucune obligation réglementaire pour les entreprises d’acquérir des places pour leur salarié. De la même manière, la « recommandation » pour les entreprises de se doter d’un PDE (P 422) n’est pas suffisante pour changer durablement les habitudes de déplacement pour les salariés. EELV demande donc qu’une réglementation de la ZAC oblige les entreprises à prendre réelement en compte les besoins de déplacement de leurs salariés avec des PDE volontaristes et la prise en charge de places de stationnement dans les parkings silos.
  • Concernant les espaces naturels et la préservation de la biodiversité, l’étude d’impact recense précisément les ressources naturelles de la zone avec les risques prévisibles pendant la période de travaux et pendant la période d’exploitation.

De manière générale, EELV regrette que ce projet n’ait pas été l’occasion pour la ville de Lille de se doter d’un véritable poumon urbain dans une ville peu dotée en espaces nature. Nous proposons donc que l’espace de l’îlot Boschetti inclus dans le PPRT (hors ZAC) soit dès à présent affecté à la création d’un vaste espace vert dans les contraintes du PPRT.

  • Concernant la temporalité des travaux et les ressources de faune et flore, l’étude d’impact minimise les nuisances de la destruction des milieux avec l’idée de leur remplacement par l’espace vert du parc de la tortue. Cette mesure, qui pour nous n’est pas suffisante, ne peut être efficiente que si la création de ce parc anticipe la destruction des milieux naturels concernés.
  • Concernant les ressources d’avifaune, l’étude d’impact insiste sur l’enjeu important de protection d’une espèce protégée,l’hirondelle des rivages, présente sur les rives sud des bois blancs et de l’îlot boschetti (P 64 – 66 et 265), faisant de ces rives des lieux « à enjeu fort » à préserver en priorité. Il est à noter que l’étude ne propose aucune mesure spécifique pour la protection de cette espèce.EELV demande donc un programme de protection et de renforcement de l’habitat de l‘hirondelle des rivages, notamment pendant la phase travaux pour la réalisation de la passerelle Boschetti/bois blancs qui se trouve exactement sur les lieux de nidification.

    EELV sera aussi très vigilant aux mesures proposées pour la protection de la faune avec l’interdiction de travaux de destruction des habitats pendant la période de nidification (entre février et août) et la mise en œuvre d’éclairages publics adaptés comme en cours d’expérimentation autour de la citadelle.

En conclusion, EELV souhaite que les avis des différents acteurs impliqués, soient pris en compte dans la finalisation du projet. Les Rives de la Haute Deule doivent être exemplaire d’un lien social créé entre les deux quartiers par des activités économiques mais aussi par des activités associatives, culturelles et environnementales suscitées par la présence de la gare d’eau et des animations qui ont créé une nouvelle histoire autour de ces deux quartiers en mutation. Les projets prévus autour de la ZAC doivent aussi être d’avantage pris en compte dans la ZAC, la rénovation des Aviateurs et de la Gare d’eau évidemment, mais aussi les perspectives de la zone industrielle du marais sud/sequedin, actuellement centrée sur des industries très polluantes (pollution atmosphérique et sonore) et peu créatrices d’emploi. EELV demande, au-delà de la ZAC, qu’une étude mettent en perspective l’avenir et la cohérence des rives de la Deule sur tout le territoire lillois.

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